IA et parano : et si le souci se trouvait ailleurs ?

Salutation, Public,

Comme tu le sais sans doute, un écrivain québécois d’origine haïtienne, Thélyson Orélien, s’est retrouvé dans la tourmente à cause d’accusations sur « l’utilisation probable de l’IA générative ». Elle aurait écrit C’était ça ou mourir à sa place. En réaction, le jury du Goncourt l’a exclu de sa sélection, ainsi que d’autres prix prestigieux, durant l’écriture de cet article.
Cette décision en dit bien plus long sur ces jurys, que l’inverse. Un auteur Noir… Je ne te fais pas de dessin.

Ces accusations tombent dans un contexte où les détecteurs d’IA sont mis sur un piédestal. On fait de leur vérité La vérité absolue, alors qu’ils ne sont pas fiables pour un sou. Victor Hugo, la bible, et bien d’autres – dont ton serviteur ; en plus j’use des demi-cadratins, la honte ! –  auraient eu recours à l’IA sur plus de 95 % du contenu testé. Bien écrit ? IA. Mal écrit ? IA. Phrases courtes ? IA. Phrases longues ? IA.
Pile tu joues, face, tu perds.
Mon chapitre 7 d’Alegría, roman paru en mai 2021 et dispo ici, pourrait donc me valoir du harcèlement. Des injonctions à prouver que je suis bien le créateur du texte.

Je le rappelle encore, car ça ne fait pas de mal : l’IA ne crée rien du tout. Elle repompe un style pour le reproduire, et assez mal le plus souvent. Si l’IA écrit comme un humain, en singeant nos codes, c’est parce qu’elle est nourrie avec du texte humain. Ça l’éduque. Son manque de conscience se traduit, entre autres, par une absence d’âme. Une sorte de vide à ce niveau.
Et certains ne semblent pas le comprendre. Semblent…
Car qui accuse, ou y participe en relayant ces attaques personnelles ? Des personnes se présentant comme de simples lecteurs. Des cadratins ? Texte IA ! Des points-virgules ? IA ! On nous dit : « le tiret cadratin n’a jamais été utilisé en 400 ans de littérature. Qu’est-ce que vous avez tous à vous en servir ces temps-ci ? ». Et ces gens liraient des romans ? Il y a un loup. Et un gros.
Ces individus pointent du doigt, alors que leurs cibles ont une bibliographie (sur leur site et/ ou sur des sites de recensement littéraire comme il en existe en Imaginaire). Mieux encore, bon nombre desdits auteurs ont des extraits disponibles, afin de faire goûter leur style à de potentiels lecteurs.

Ces redresseurs de torts de Wish sont donc, à minima, des grosses feignasses frappant à l’aveugle. Un souci de cohérence se pose en l’état : blâmer le bon usage de la typographie alors qu’on est lecteur et qu’on sait ce qu’est un roman. Mais, l’incohérence disparaît si l’on opte pour une autre hypothèse : ils sont en réalité des auteurs. Leur but non avoué est de briser les confrères qu’ils haïssent pour ce qu’ils sont, ou parce qu’ils réussissent mieux qu’eux.
On le sait, et ça ne date pas d’hier, que l’ambiance entre auteurs sur les réseaux sociaux, parfois en salons, est assez épouvantable. Ça tient plus du panier de crabes que d’une confrérie. Tantôt Untel tire dans les pattes de Truc, car il vend autant que tous les auteurs de la maison d’édition réunis. Machin tente de soutirer des infos privées à Bidule, sous couvert de le légitimer ownvoice (officiellement concerné par une thématique), au risque d’une mise en danger car la personne n’est pas out et a ses raisons de ne pas l’être. Si Tartempion est trop secret, on le lui fera payer en le silençant, car on confond sciemment la pudeur avec l’absence de vécu. Objectif ? Le faire sortir de ses gonds et balancer ce qu’on cherchait à savoir. D’autres montent des dossiers sur leurs « concurrents », à coups de captures d’écrans de messages privés, à montrer aux potes afin de se marrer un bon coup, en plus de nuire à l’intéressé(e). Le savoir, c’est le pouvoir, et certains l’ont très bien compris.

Les auteurs, ces êtres si vertueux et emplis d’intellect, ressemblent à une bande de dogues se bastonnant autour d’une poubelle. C’est sans compter sur certains étudiants et influenceurs qui s’adonnent aussi aux rumeurs, pour faire du buzz.
Quel effet sur les écrivains les moins assurés, pour ne pas dire : les plus fragiles ? Ils se forcent à écrire moins bien, afin de se prémunir du harcèlement. Lorsque la hype IAgen retombera comme un soufflé, ou quand il n’y aura plus d’eau pour les faire tourner ; ces personnes se retrouveront avec leurs romans plus que moyens sur les bras, motivation – 1000 à les retravailler, tant le stress les aura essorées. D’autres se constituent un dossier de preuves avec leur texte à chaque étape d’élaboration. À normaliser la transparence à outrance, ce dossier ne suffira plus du tout. Un beau jour, il faudra sans doute rédiger son roman devant un huissier. Peut-être même qu’on accusera cet huissier d’être un huissier généré par IA ?
Personne n’en sortira gagnant.
Je plains les intrépides qui se lancent maintenant. À l’ère de la suspicion généralisée, cela rend les choses plus difficiles encore.

Quant à moi, je refuse de me plier à ces injonctions à la noix. L’accusation n’aura qu’à prouver sur pièces que mon style a changé du tout au tout en 2022, année de l’arrivée de l’IAgen chez le quidam.
Vœu pieux, puisqu’ils ne le feront pas… par fainéantise.

Oh, et j’emmerde Pangram.

Halloween #6

Illustration de couverture : Aurélien Police

En ce jour d’Halloween, quelques idées de lectures made in Alex Mauri ?

Salle rouge. Muses. Louvre. Soupe.

Les Muses sont de mauvaise humeur. Les visites du Louvre baissent drastiquement. L’indifférence grandissante du public compromet leurs existences. Elles ruminent leur colère, lorsqu’elles reçoivent un jet de soupe. La hargne mue en rage…

Extrait : https://alexmauri.pro/2023/09/11/salle-rouge-ouverture/

Halloween #5

Illustration de couverture : Geoffrey Claustriaux

En ce jour d’Halloween, quelques idées de lectures made in Alex Mauri ?

La loi du Talion. Fantastique. Horreur sociale. Zombies.

Nous suivons Salomé, caissière-vendeuse d’une boutique de souvenirs du parc. Salomé est paralysée cérébrale et n’a qu’un rêve : intégrer la troupe cow-boy du parc afin de vivre de sa passion des chevaux. Fuir l’ambiance malsaine de son poste actuel, clients méprisants obligent. Constatant sa différence, et la haine des femmes aidant, les comédiens de la troupe font leur maximum pour décourager Salomé, quitte à faire échouer le casting. La situation s’envenime, quand une attaque zombie vient rebattre les cartes.

Extrait : https://alexmauri.pro/2023/04/13/la-loi-du-talion-ouverture/

Halloween #4

Illustration de couverture : Aurélien Police

En ce jour d’Halloween, quelques idées de lectures made in Alex Mauri ?

Alegría. Fantastique. Horreur sociale. Corrida.

« ICI ON TORTURE ET ON APPLAUDIT »

Bruno n’en croit pas ses yeux. Cette corrida s’annonce grandiose. C’est sans compter sur les antis qui s’incrustent à la fête, eux et leurs fichues banderoles… Mais les aficionados ne leur laisseront rien passer, foi de Bruno !
Parmi les opposants se trouve une gitane, sur qui Bruno lève la main. Personne ne le traitera de nazi, encore moins cette ignare d’animaliste !
Et s’il s’en est pris à la mauvaise personne ? Il le réalise trop tard, quand son corps se couvre d’une étrange fourrure noire.

Fuir ? Mourir ?

Mais Bruno a-t-il encore le choix ?

Extrait : https://alexmauri.pro/2021/03/29/alegria-chapitre-7/

Halloween #3

Illustration de couverture : Geoffrey Claustriaux

En ce jour d’Halloween, quelques idées de lectures made in Alex Mauri ?

label Rouge. Anticipation. Horreur sociale. Journal intime.

Alors, qu’est-ce que ça raconte de beau, « label Rouge » ? On va parler tripailles et saucissons humains ? Pas vraiment, non : c’est l’histoire de l’Humanité en l’an 2120, ravagée par un hiver nucléaire survenu pendant la 3e Guerre mondiale, ou Guerre des ressources. Les radiations ont rendu les femmes (ou perçus comme tels) stériles. Porter un enfant est devenu impossible. Arrive au pouvoir un gouvernement fait de sinistres gens, un brin autoritaires et pas vraiment fans des enfants : les Décroissants. Voyant l’enfantement libre d’un très mauvais œil, ils décident d’user de la faiblesse de l’Humanité comme d’une force politique. Désormais, la reproduction humaine sera externalisée afin d’en garantir le contrôle total. Et pour ce faire, on recourt à des vaches « porteuses ».

Le bonheur est dans le pré.

Extrait : https://alexmauri.pro/2022/09/03/label-rouge-ouverture/

Halloween #2

Illustration de couverture : Léa Geas

En ce jour d’Halloween, quelques idées de lectures made in Alex Mauri ?

Ma belle époque. Fantastique. Horreur sociale. Épistolaire.

Louis, un adolescent transgenre perçu femme par la société, est mis à la porte par ses géniteurs parce qu’intersexe. Au bout de longs mois d’errance, à survivre comme il le pouvait, Louis est repéré par un étrange propriétaire de monstres humains, qui propose de l’engager. Louis devient un monstre-chanteur connu sous le sobriquet de « La femme à barbe ». Étant enfin parvenu à trouver le bonheur parce qu’accepté tel qu’il est par sa troupe, il a trouvé sa voie. Mais Louis est aussi en colère contre ses géniteurs. Un jour de juin, il leur écrit pour enfin vider son sac, puis les narguer…

Extrait : https://alexmauri.pro/2020/10/31/ma-belle-epoque-ouverture/

Halloween #1

Illustration de couverture : Caza

En ce jour d’Halloween, quelques idées de lectures made in Alex Mauri ?

Prête-moi ton corps, je te prêterai ma gloire. SF. Horreur sociale.

Nous suivons Marie, connue sous le pseudonyme de Sanguine, et sa jumelle Magali. Magali est valide. Marie est une autrice qui commence à rencontrer le succès, elle est aussi lourdement handicapée. Afin que personne ne sache, Marie passe un deal avec sa sœur : Magali prête son image à Marie en échange de sa gloire. L’affaire roulait, jusqu’à ce que Marie soit démasquée…

Extrait :
https://alexmauri.pro/2019/11/08/prete-moi-ton-corps-je-te-preterai-ma-gloire/

D’une meilleure hygiène en ligne

10 tonnes de réseaux sociaux, ça use, ça use,
10 tonnes de réseaux sociaux, ça use les claviers.

Salutations, Public,

Comme tu l’auras sans doute remarqué, si tu es abonné(e), des liens d’articles antédatés commencent à fleurir dans ta boîte mail.

Le site subit effectivement une légère refonte… pour cause de réseaux sociaux.

J’y inclus les photos disponibles sur Instagram, histoire de me décentraliser un peu. Le coupable ? L’algorithme. Plus ça va, plus mes posts ainsi que ceux des copains/copines se retrouvent noyés sous 3 tonnes de pubs. On savait déjà Insta captif des contenus, désormais il sacrifie des mois, des années de travail, sur l’autel de la consommation.

Autant dire que ça fiche sur les dents.

Les réseaux flinguent le moral. Non contents de nous peser, ils flinguent aussi la visibilité, et plus qu’arbitrairement. Sauf à payer, bien sûr, et pour des miettes… Je pense qu’à terme, tout ça se cassera la figure et qu’on en reviendra aux sites et aux bons vieux forums de discussions (qui survivent malgré ça) ; après tout, les auteurs et les lecteurs ont ça en commun qu’ils lisent. On survivra bien plus facilement à la mort des réseaux que d’autres (au hasard : les sexeurs de poussins, ou les collectionneurs de pots de yaourts). On ne s’en sortait pas trop mal avant l’arrivée de Facebook. Y a pas de raison à ce qu’on s’en sorte plus mal après, surtout quand notre contenu est disponible gratuitement.

J’ai donc ajusté ma capacité de stockage d’images, et en avant Simone.

J’espère que tu apprécieras ce nouvel enrichissement. Et navré de te le dire, mais tu vas devoir supporter mon humour pourri…