Aujourd’hui, Lecteur, je vais te parler d’un aspect pas cool de ce projet, mais dont on ne peut se défaire si l’on veut aller au bout des choses : le visionnage répété de vidéos de corridas, durant les phases de réécritures et de corrections. Je ne te cache pas que ça aura été sportif…

Maintenant que ce roman se dirige doucement vers sa publication, je persiste et signe à dire que c’était un mal nécessaire : qui dit fiction sur la corrida, dit description de combat, le plus fidèlement possible, et ça demande d’observer encore, et encore, et encore…

Et c’est là qu’on se marre (ou pas).

À s’en faire des orgies régulières, à voir ces animaux mugir de panique, puis vomir leur sang, t’en chiales d’impuissance et de colère. Ce cyclone émotionnel passé, tu te dis que tu aurais dû prendre des actions chez Lotus ; tu serais devenu riche !

Je parle cris et larmes, mais si tu le ne savais pas encore, le cerveau est une bestiole bien faite. Tenant à ta santé mentale, il fera tout pour t’éviter de trop gros bobos ; arrive le moment où il entre en phase de résistance en activant le blindage. Que tu le veuilles ou non, te voilà alors coupé de tes émotions. Ces vidéos, tu les étudies de façon froide, clinique, tu les dissèques telles tes grenouilles en cours de SVT. La première fois que ça t’arrive, tu te demandes ce qui se passe, si c’est une accoutumance à la chose, et tu commences à flipper.
Et si tu te mettais à te foutre des taureaux ?
De là à aimer les corridas, il n’y a plus qu’un pas…
Non mais, imagine ?

Ton roman ne s’écrivant pas tout seul, tu repars en corrections avec ces images en tête. Tu restes quelques mois sans te gaver de vidéos, puis, tu y reviens, et là…

L’état de ma rue après six mois sans visionnage

Répète ce cycle de blindage-déblindage-reblindage sur cinq ans, et tu te feras une idée des montagnes russes que furent cette conception de roman.

À présent, j’ai enfin atteint la sérénité. Même si je devais me replonger dans l’horreur durant mes corrections éditoriales, cela ne me fait plus vraiment peur. J’en aurai enfin fini avec ces centaines d’heures (au bas mot) de regardage, et ça, ça redonne du courage.

Et j’ai plus que hâte de te montrer le résultat !

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