Qui dit premier roman dit format plus long qu’une nouvelle (en plus d’un travail bien plus conséquent). Ça signifie aussi : nouvelles expériences. Le genre d’expérience dont on entend régulièrement parler, mais qu’il faut vivre pour comprendre.

Lecteur, j’ai testé pour toi…… *roulements de tambour* le baby-blues du romancier.

Rembobinons la cassette, veux-tu ?

Retour fin 2012. J’entame ma gestation d’Alegría, tout feu tout flamme.

Six réécritures étalées sur plusieurs années furent nécessaires (je me collais une pression inouïe tant je visais la perfection. Le rythme en pâtissait, ça n’allait jamais : c’était comme enfoncer l’accélérateur après avoir mis le frein à main, ça sentait trop la retenue). Lorsqu’en 2016, je tins enfin le bon bout après avoir tout récrit en deux semaines, je m’embarquai dans 11 mois de corrections à temps plein (entre 10 et 14h/ jour, 7/7). À ce train-là, incapable que j’étais de prendre des pauses parce que culpabilisant de ne rien faire, tu imagines bien qu’au bout d’un moment, j’ai calé. Deux mois de passage à vide, ce qui nous ramène à 9 mois sur cette période.

Il y a donc eu des jours avec. Et des jours sans.

(Fée Inspiration, les jours où je n’avançais pas)

Quand j’achevai enfin ce roman, je partis pour deux ans et demi de quête éditoriale, pour enfin trouver ma maison d’édition : Livr’S. Covid oblige, le temps s’est étiré. On aura mis un an à lancer la machine. Lorsque Laure-Anne arriva, elle marqua le début de la délivrance.

Nous corrigeâmes le texte encore et encore, dernière ligne droite intensive.

Lorsque je rendis enfin copie en novembre, la vue floue et fatiguée, on m’annonça que c’était terminé.

Après dix relectures intégrales, j’en sortais.

Sur le moment, cette annonce ne me fit ni chaud ni froid. J’accueillis cette info et la classai quelque part dans mon cerveau. Le lendemain, je tombai en déprime (sans savoir pourquoi), mal-être qui ne se dissipa que deux semaines plus tard (sans trop savoir comment non plus).

Cette étape franchie, me voilà en route pour d’autres aventures. Comme tout auteur, si je détestais souffrir, j’arrêterais d’écrire pour faire autre chose (un puzzle ? Ou du tricot ?)

Et toi, Lecteur-auteur ? As-tu connu le baby-blues du romancier ? Comment as-tu géré la chose ? Se répète-t-elle à chaque achèvement ?

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