Un pas hanté vers les ténèbres.
Furtif, 7 ans à jamais. Insuffisance rénale foudroyante. L’échographie a révélé que tes reins étaient immatures, c’était joué d’avance. Chienne de vie, c’est pas un âge pour mourir !

Un pansement décoratif, tout ce qui me reste de toi. Ton silence est assourdissant. Je tâte à la perfection cette expression, toi le félin bavard, souvent protestataire.

100/10 en XP auteur…

On dit que le meilleur ami du chat est l’écrivain. De Furtif.
Le reste-t-il après ça ? Personne ne sait. Sans doute que ça tient au fait que t’as réussi ton coup… ou que ton soin s’est changé en corrida.

Ce qui me fera toujours sourire avec les vétos, c’est le côté Do It Yourself, quand l’animal est en fin de vie. Voilà des poches de sérum phy, des cathéters, vise bien sous la peau, et que le sort te soit favorable…

Quant au « quand tu es auteur, ne recule devant aucune expérience », on atteint le haut du panier…

Les royaumes de Stendhal

Éditeur : Livr’S
Date de sortie : 01 octobre 2023
Illustration : Aurélien Police

Depuis la nuit des temps, des créatures immortelles appelées « Muses » vivent dans des univers contenus dans des peintures et se livrent à une lutte d’influence sur le monde. Dans le monde réel, rien ne distingue une muse d’un être humain banal. Une Muse peut mourir, mais lorsqu’elle pénètre dans ses propres tableaux, elle rejoint son « royaume », un univers infini dans lequel la Muse est immortelle et impose sa propre esthétique. Plus une époque est dominée par le courant artistique d’une Muse, et plus celle-ci gagne en puissance. À l’inverse, un courant démodé est vécu comme un drame par une Muse qui perd l’essentiel de son pouvoir et peut même mourir. Parfois, un mortel est fasciné par la peinture, au point d’avoir l’impression d’entrer dans le royaume d’une muse, il découvre alors son propre potentiel : c’est le syndrome de Stendhal. Cette année, le festival Etrange-Grande et Livr’S s’associent à nouveau pour vous faire découvrir 16 textes, d’artistes confirmés ou en devenir. Laissez-vous porter par leurs visions du syndrome de Stendhal, entrez dans leurs royaumes…

Nouvelles de l’Ouest- Aube, par Au pays des caves trolls

Tu prendras bien un peu de Nouvelles de l’Ouest ?

cette nouvelle se déroule de nos jours, et le rapport avec le western se situe dans le parc où travaille l’héroïne ainsi que dans le rôle pour lequel elle auditionne au début. Une histoire de zombies, sans grande originalité si ce n’est la thématique bienvenue du handicap.


La chronique entière est à lire ici :

Encore merci, les trolls !

Salle Rouge, ouverture

Louvre, salle des États, 2 avril 2035

 ― Pitié ! glapit Mona Lisa, juste avant l’impact.
Le velouté de tomates éclaboussa le caisson de protection dans une gerbe orangée. Dégoulina sur la vitre de PVC. S’écoula en flaque luisante sur le parquet de chêne clair rayé, impacté par des générations de visiteurs. Flaque que contemplait, médusée, la poignée d’irréductibles venus admirer la célèbre toile.
Mona Lisa fondit en larmes. Hormis ses voisins de tableaux, qui entendait sa détresse ? Qui prenait en pleine face les cris horrifiés des muses, leur tumulte désespéré à la vue d’activistes armés de boites de soupe, dégoupillées puis projetées sur leurs victimes désignées ?
Personne. Pour l’humanité aveugle à la féérie, les muses n’étaient que des modèles, figées dans leur posture pour l’éternité. Une éternité silencieuse. Quand tombait le jour, que se vidaient les musées, alors explosait leur brouhaha. Car seul le langage leur demeurait accessible, depuis que des plaques de PVC les préservaient des humains et de leur tendance à la destruction. Jadis portails permettant de voyager d’un monde à l’autre, leurs toiles étaient devenues leurs cachots. On retenait au Louvre Mona Lisa et ses compagnes. L’inflation asséchant les bourses, qui pour les admirer désormais hormis les jeunes et les chômeurs ? Ou une horde de garnements trainés là par leur professeur, profitant qu’il leur tourne le dos pour dégainer leurs portables… De jour en jour, l’indifférence affichée envers la peinture affaiblissait les muses. Dépouillées de leurs pouvoirs ! Empêchées de se régénérer en murmurant à l’oreille des créatifs ! Ces êtres frôlaient l’agonie. Elles ne pouvaient que déplorer leur sort. Et subir l’humiliation d’un jet de soupe ! Rires et quolibets y répondaient.
La Joconde, cible parmi tant d’autres en ce bas monde, accusa le coup dans les larmes. Puis, elle tremblerait à la vue d’un visiteur vêtu d’un teeshirt, ou d’un anorak orange. Crierait dans son sommeil en revivant son agression, nuit après nuit. Sursauterait en entendant s’ouvrir une canette de soda. À l’instar de ses comparses, elle serait bientôt au supplice. À ressasser l’outrage, encore. Et encore. Et encore. Et encore. Tel un disque rayé, elle y reviendrait. Son crâne deviendrait son cachot, mais à cette heure-là, elle l’ignorait toujours. Seule importait la douleur cuisante de l’humiliation.
Ce mal gangrenant les musées portait un nom : le syndrome d’aspergé. Marée noire de tourments, il mazoutait victimes et témoins. De cette souffrance abjecte, les muses ne voulaient plus.
L’heure de la vengeance avait sonné.

Illustration de couverture : Aurélien Police