10 tonnes de réseaux sociaux, ça use, ça use, 10 tonnes de réseaux sociaux, ça use les claviers.
Salutations, Public,
Comme tu l’auras sans doute remarqué, si tu es abonné(e), des liens d’articles antédatés commencent à fleurir dans ta boîte mail.
Le site subit effectivement une légère refonte… pour cause de réseaux sociaux.
J’y inclus les photos disponibles sur Instagram, histoire de me décentraliser un peu. Le coupable ? L’algorithme. Plus ça va, plus mes posts ainsi que ceux des copains/copines se retrouvent noyés sous 3 tonnes de pubs. On savait déjà Insta captif des contenus, désormais il sacrifie des mois, des années de travail, sur l’autel de la consommation.
Autant dire que ça fiche sur les dents.
Les réseaux flinguent le moral. Non contents de nous peser, ils flinguent aussi la visibilité, et plus qu’arbitrairement. Sauf à payer, bien sûr, et pour des miettes… Je pense qu’à terme, tout ça se cassera la figure et qu’on en reviendra aux sites et aux bons vieux forums de discussions (qui survivent malgré ça) ; après tout, les auteurs et les lecteurs ont ça en commun qu’ils lisent. On survivra bien plus facilement à la mort des réseaux que d’autres (au hasard : les sexeurs de poussins, ou les collectionneurs de pots de yaourts). On ne s’en sortait pas trop mal avant l’arrivée de Facebook. Y a pas de raison à ce qu’on s’en sorte plus mal après, surtout quand notre contenu est disponible gratuitement.
J’ai donc ajusté ma capacité de stockage d’images, et en avant Simone.
J’espère que tu apprécieras ce nouvel enrichissement. Et navré de te le dire, mais tu vas devoir supporter mon humour pourri…
Mon dernier article date de février. Un bail que je ne t’avais pas rouvert ! J’avais mes raisons, le genre d’excuse qu’on préfèrerait ne pas brandir. Eh oui, j’ai perdu deux de mes chats, Furtif et PerrierTchebest, en novembre 2023 et en mars 2024. Carton plein pour l’insuffisance rénale aigüe… Comme j’en ai récemment ressenti le besoin, j’ai fait un marathon relecture de Simetierre, en octobre. J’ai aussi revu et re-revu les adaptations de ce qui devient une saga. Je m’étais interrogé sur le pourquoi de cette fixette. J’en avais conclu que c’est une façon de se rappeler qu’il y a bien pire ailleurs, quand bien même cet ailleurs soit fictif.
Connaissant désormais l’effet d’un deuil, je vois ce roman d’un autre œil.
(Hein ? La mort, ça fait vraiment mal comme ça ?! dixit ton serviteur)
Je ne t’ai pas rouvert non plus parce que ce double deuil m’a lessivé. J’ai dû m’économiser en me recentrant sur le principal, la fonction première d’un écrivain : écrire des livres. Si je ne publie plus, je n’ai plus aucune raison de faire mon teubé à grands coups de gifs. Avoue que ce serait dommage !
Je me suis donc concentré sur « Macadam massacre », un projet de politique-fiction uchronique à absolument boucler cette année. Objectif atteint : j’y ai mis un point final en juillet. Reste à voir s’il séduit mon éditrice.
(YIIIIIIIHAH !)
J’ai aussi recueilli un chaton de 2 mois, aka Terreur, fin août. Une vraie boule d’amour, qui me chahute en prenant mes doigts pour des proies. Place au chaos ! Je suis quelque peu ralenti.
(BANZAÏ !!!! ‘TOUTE FACON, AUTEUR, C’PO UN VRAI METIER, dixit Terreur)
Et quelques mois plus tard, on peut dire que cette croisière revisitée du Titanic est la plus longue du monde ! Avec mon acolyte, nous avons bouclé la phase des prises de notes, pour nous jeter dans le grand bain de la coécriture. D’un simple thriller uchronique, nous passons à un thriller uchronique historique : Vincent, un voyageur accidentel du futur, donne la réplique à Margaret Brown, passagère ayant réellement existé. Lorsque je lis mon confrère, j’ai l’impression d’entendre la Molly de James Cameron ; version validée par les historiens comme étant la plus proche de ce qu’elle était. J’ai eu le nez fin. Encore une victoire de Canard !
(COIN-COIN ! dixit COIN-COIN)
Notre collaboration avance au rythme de chacun, et la bonne humeur règne en maîtresse.
Collègue auteur qui passes par ici, je ne peux que te souhaiter de trouver des confrères et/ou amis avec qui le courant passe à la perfection. Comme je le disais dans mon article précédent, c’est vraiment précieux.
Certains font des bilans de l’année écoulée. D’autres, comme moi, et une fois n’est pas coutume, font des annonces un peu spéciales (non, je n’ai pas de cancer. Ventile ! Ventile ! Là. C’est bien. Tu veux un Shokobons ?). Donc, je disais : ce billet de blog est l’occasion d’une annonce un peu spéciale. Particulière dans le sens où je n’ai pas pour habitude d’annoncer un projet qui n’est pas vraiment écrit. Enfin, tu vois, le projet existe sous forme de novella que je n’ai jamais publiée. C’est en la relisant, des mois plus tard, que je me suis dit : « quand même, ça manque de développement, ça fait trop autoroute ». Autant pour Alegría, ça ne gênait pas. Au contraire, il fallait quelque chose de précipité, sinon, le personnage serait secouru avant qu’il soit vraiment dans la mouise. Mais dans ce cas, pour une histoire se déroulant sur le Titanic, ça ne lui rendait pas hommage. Pas du tout. C’était mon Titanic de Wish.
Titanic de Wish : on casse une petite moitié qu’on garde, là, comme ça, pour espérer le faire entrer dans le garage.
Alors, je me suis remis au boulot. J’ai vu plus grand. Faire entrer dans la danse des personnages emblématiques, comme Margaret Brown, dite « L’insubmersible Molly Brown ».
Mais, mais, mais… je ne me sentais pas de l’incarner. Il faut dire que mon style est assez brut. Il lui fallait une plume plus douce, mais non moins dure. Une main de fer dans un gant de velours. C’est là que mon intuition m’a soufflé : Cindy Van Wilder. Intuition qui ne m’a plus lâché au fil des mois, tenace jusqu’à l’obsession. Et quand ça revient sans cesse, je me dis qu’il y a sans doute quelque chose à faire à ce niveau. Cindy, que je connais depuis une paire d’années car on fréquentait le même forum d’écriture, en 2009 (ce coup de vieux ! Ça pique. Ne fais pas ça chez toi). Cindy, avec qui on se balance souvent des « réfs » sur le Titanic au point que ça tourne au running gag. Cindy, qui a lu ladite novella, a été séduit, et accepte de devenir mon co-auteur. Après avoir pris le temps de la discussion quant aux conditions de publication envisagées par la suite, soit 44 secondes et 10 centièmes (parce que bon feeling, concentre-toi un peu), nous voilà partis en tandem.
(La même chose, en mieux. Voilà, nous sommes sur le même bateau à présent.)
Pour le moment, nous sommes en phase préparatoire de cette réécriture. Nous bossons Titanic, nous parlons Titanic, nous mangeons Titanic, nous respirons Titanic. Mais pas trop violemment, car qui veut voyager loin ménage sa monture. Et puis, chacun a ses propres projets solos à aboutir… Nos notes s’étoffent au fil du temps. Les idées fusent, très prometteuses ; le projet mue, à la fois ressemblant et différent. L’ambiance de travail est joyeusement sérieuse, ou joyeusement potache. Ça doit dépendre de si on est en heures creuses ou en heures pleines ; j’avoue ne pas avoir vérifié l’hypothèse.
Maintenant, je remballe ma légèreté pour aborder un point sérieux (avoue que mon humour commençait à sérieusement te faire suer et que j’ai mis fin à ton agonie). Alors, oui, je bosse avec quelqu’un que je connais assez bien pour que ça marche. Et comme tu le ressens dans l’ambiance lolilol de ce billet, je ne m’y trompais pas : ça marche. Et je recommencerais sans hésitation dans ces mêmes conditions. Ça perpétue le « on bosse entre potes » qui fait grincer pas mal de dents, car perçu comme excluant. Et pourtant… L’écriture d’une œuvre collective avec une majorité d’auteurs m’étant peu connus, voire carrément inconnus, dans une totale interdépendance de plumes, j’ai donné. Plus jamais je ne m’embringue dans ce genre de plan. Le projet s’est cassé la figure par immobilisme total. Je ne connaissais pas assez ces gens ; je ne pouvais pas prévoir la boucherie que ce serait. Et on dit que c’est la norme dans les milieux artistiques ! Pour une collaboration qui roule impec’, combien n’aboutiront jamais pour cette raison ?
On dit que l’important dans la vie est de bien s’entourer. Il m’aura fallu deux ans de burnout pour le comprendre. Ce roman, de par sa thématique, me tient à cœur. Je ne veux pas le saborder en tendant la main à de potentiels amateurs dont la profondeur n’a d’égale que les 3400 mètres de fond où repose le Titanic.
Qui dit premier roman dit format plus long qu’une nouvelle (en plus d’un travail bien plus conséquent). Ça signifie aussi : nouvelles expériences. Le genre d’expérience dont on entend régulièrement parler, mais qu’il faut vivre pour comprendre.
Lecteur, j’ai testé pour toi…… *roulements de tambour* le baby-blues du romancier.
Rembobinons la cassette, veux-tu ?
Retour fin 2012. J’entame ma gestation d’Alegría, tout feu tout flamme.
Six réécritures étalées sur plusieurs années furent nécessaires (je me collais une pression inouïe tant je visais la perfection. Le rythme en pâtissait, ça n’allait jamais : c’était comme enfoncer l’accélérateur après avoir mis le frein à main, ça sentait trop la retenue). Lorsqu’en 2016, je tins enfin le bon bout après avoir tout récrit en deux semaines, je m’embarquai dans 11 mois de corrections à temps plein (entre 10 et 14h/ jour, 7/7). À ce train-là, incapable que j’étais de prendre des pauses parce que culpabilisant de ne rien faire, tu imagines bien qu’au bout d’un moment, j’ai calé. Deux mois de passage à vide, ce qui nous ramène à 9 mois sur cette période.
Il y a donc eu des jours avec. Et des jours sans.
(Fée Inspiration, les jours où je n’avançais pas)
Quand j’achevai enfin ce roman, je partis pour deux ans et demi de quête éditoriale, pour enfin trouver ma maison d’édition : Livr’S. Covid oblige, le temps s’est étiré. On aura mis un an à lancer la machine. Lorsque Laure-Anne arriva, elle marqua le début de la délivrance.
Nous corrigeâmes le texte encore et encore, dernière ligne droite intensive.
Lorsque je rendis enfin copie en novembre, la vue floue et fatiguée, on m’annonça que c’était terminé.
Après dix relectures intégrales, j’en sortais.
Sur le moment, cette annonce ne me fit ni chaud ni froid. J’accueillis cette info et la classai quelque part dans mon cerveau. Le lendemain, je tombai en déprime (sans savoir pourquoi), mal-être qui ne se dissipa que deux semaines plus tard (sans trop savoir comment non plus).
Cette étape franchie, me voilà en route pour d’autres aventures. Comme tout auteur, si je détestais souffrir, j’arrêterais d’écrire pour faire autre chose (un puzzle ? Ou du tricot ?)
Et toi, Lecteur-auteur ? As-tu connu le baby-blues du romancier ? Comment as-tu géré la chose ? Se répète-t-elle à chaque achèvement ?
C’est bien la question que je me pose au sortir de ce confinement. Alors oui, tu me diras que le contexte, personnel ou non, influence toujours, ou presque, les idées qui te viennent. Le confinement n’est qu’un cas de figure parmi d’autres. Tu passes devant une pâtisserie, tu t’arrêtes pour admirer de jolis gâteaux et, dans un laps de temps plus ou moins rapproché, tu pondras un texte sur des gâteaux (tueurs (thème principal), ou que ton personnage adore (point de détail d’un chapitre)).
(Ou ça peut donner des idées bizarres, aussi…)
Mais là, c’est différent. Contexte particulier, inspiration particulière ; le fond et la forme se modèlent en reflétant ton état d’esprit, tandem indissociable ne se construisant pas autrement ?
Durant cette sale période, comme tout un chacun, on m’aura interdit de voir qui je voulais ; pour boustifaille avec des amis, c’est ceinture. En attendant que ça revienne à la normale, j’aurai expérimenté l’épistolaire, alors que l’épistolaire, je n’en avais jamais écrit auparavant. Cela ne me serait même jamais venu à l’idée, car je n’en lis quasiment pas.
Deux textes seront nés de cette méthode, dont l’un sera bientôt publié. Un troisième germe aura pointé le bout de son nez, une histoire de zombies où il pourrait y avoir une partie narrative, et une autre sous forme de journal. J’ignore encore comment je construirai le machin.
Tout ça me donne l’impression que je devais m’adresser au lecteur de façon plus directe, transformer cette solitude imposée en quelque chose de moins pesant. Pour ce qui est du projet zombie, ce monde a beau en grouiller, mes personnages, eux, peuvent se promener à leur guise, et surtout, voir qui ils veulent (sous réserve que leurs fréquentations soient toujours entières)…
Et toi, Lecteur de ce blog ? Si tu écris, as-tu changé de méthode durant cette période ?
Comme annoncé icipour ceux qui prendraient le train en marche, je publie bientôt mon premier roman. Voici l’épisode suivant, d’une série qui s’annonce plus palpitante et mieux branlée que The Walking Dead (je charrie, j’adore cette série ; c’est juste triste voir un truc aussi énorme gâché à force de tirer sur la corde parce que Roi Pognon, etc…)
Donc, reprenons : je publie bientôt mon premier roman. Pas demain, mais peut-être dans six mois, ou un an, et ça va de pair avec signature de contrat. Qui dit signature de contrat, dit engagements, et c’est là que ça devient drôle. Ou flippant.
Plutôt flippant, ouais.
Je t’explique. Lis bien ce qui va suivre.
Dans mon contrat, il est marqué que je dois rendre le « manuscrit définitif » en décembre, dernier carat. Je l’ai signé cet été, le temps a passé, nous voilà arrivés au 20 octobre, et… aucun retour éditorial, aucune suggestion de modification me permettant de rendre un « manuscrit définitif ».
Que pouic.
Le travail éditorial étant une affaire trop sérieuse pour l’ignorer (c’est ainsi qu’on fait d’un texte bon, ou plutôt bon, un texte encore meilleur, voire excellent), il arrive fatalement ce qui doit arriver : un stress intense, ressemblant à de la quasi-panique, me tombe dessus.
Capture vidéo rare d’Alex dans son milieu naturel, en état de stress intense.
Afin de canaliser ce stress, de le rendre plus vivable, je recontacte alors la maison d’édition. Ça a donné un truc du genre : « Euh, salut, j’ai à fournir bientôt un « manuscrit définitif » et je n’ai toujours pas reçu mes corrections, est-ce normal ? Retravailler mes manuscrits me tient beaucoup à cœur, mon but étant de proposer au lectorat un texte le plus abouti possible, je stresse à mort, l’infarctus n’est pas loin. MAYDAY MAYDAY MAYDAY. »
Pfiouuu, pfiouuu, pfiouuu…
La réponse ne s’est pas faite attendre, tôt le matin parce qu’on a dû se dire qu’il serait bien de me garder en vie jusqu’à parution, et le stress s’en est parti : on entend par « manuscrit définitif » la version que je ne retoucherai plus d’ici à ce que le travail de correction ne commence.
-> Soit la version que j’avais proposée en lecture à la maison d’édition, car j’attends toujours d’arriver au point où je ne peux plus rien faire pour un manuscrit avant de songer à l’envoyer où que ce soit. -> Cet engagement est donc respecté depuis janvier.
En attendant la prochaine crise d’angoisse, je m’en vais écouter un peu de musique.
Quand on poireaute entre deux échanges de mails, on trépigne, et on s’ennuie, aussi, un peu.
Et qui dit ennui, dit petits bidouillages dans son coin en attendant du concret.
On en arrive alors à esquisser des remerciements, car qui dit premier roman, dit première expérience du genre. Il paraît que c’est la tradition, qu’on s’y prête quand on est quelqu’un de gentil. Et si l’on pouvait penser ça de moi, au moins durant les cinq prochaines minutes, ce serait cool (et l’on évitera de me croiser une heure avant les repas, plus encore de me nourrir après minuit).
Donc… je m’essaye aux remerciements.
Je pensais que ce serait un exercice si formel qu’il en deviendrait rasoir, mais en réalité, on se sent satisfait. Non pas par conscience de son talent, à l’image de l’univers ; infini. Pas du tout. Enfin, ça dépend pour qui :
En réalité, c’est le signe que cette phase de fignolage s’achève, qu’on va bientôt brandir le bébé braillant, gluant de vernix, à la face du monde, et qui vivra verra.
Après deux ans et demi de quête éditoriale, je viens enfin de signer un contrat pour mon premier roman. Le parcours de ce manuscrit n’aura pas été de tout repos, entre silences, refus encourageants (ce sont les meilleurs), et propositions surprenantes : certains éditeurs m’auront conseillé leurs services de… compte d’auteur, avec pour promesse une reprise du contrat si le roman venait à bien se vendre…
J’aurai trouvé mon bonheur à l’étranger.
Il est encore trop tôt pour en parler plus en détail (et il paraît que ça porte la poisse), cependant, on notera qu’il s’agit d’un conte fantastique moderne. Baptisons-le « projet secret », pour l’instant.
Stay tuned! En attendant mon premier retour d’editing, je m’en vais écouter de la musique. Et ouvrir une bonne bouteille.