AT Monstresse(s)

Ne reculant devant aucun défi, et l’appel à textes « Monstresse(s) », chez Noir d’Absinthe, me faisant de l’œil, j’ai décidé de me lancer avec pour thème les « mumstagram ». J’aurai trouvé l’inspiration chez Ashley Stock, connue sous le pseudo delittlemissmomma, qui aura photographié sa fille décédée, morbide reportage photo servi à ses fans.

En attendant les retours de bêta-lecture, je te laisse avec un morceau illustrant bien l’atmosphère du texte…

Dans le ventre d’Alegria : un travail journalistique

Passé le choc de voir un taureau torturé sous mes yeux, Fée Inspiration m’ordonna de me mettre au boulot.

J’ai d’abord couché un synopsis de travail (ou un résumé pas à pas, pour ceux du fond qui ne suivent pas), qui m’aura pris deux semaines de réalisation. De grosses modifications auront eu lieu en pleine réécriture, certaines parties disparaissant au profit d’autres pans inédits, mais il me fallait déjà savoir où j’allais, ou à peu près.

Les bases enfin posées, c’est avec le sourire que j’ai annoncé à ma pote Soph : « J’ai commencé à écrire un roman anti-corridas. Tiens, mate mon syno ! ».

Passée l’effusion de joie, et voyant vers quel type de récit je me dirigeais, elle m’a dit : « Ce roman va faire l’effet d’une bombe ! Méfie-toi des taurins, ils sont violents. »

Ah.

Au moins, j’étais au parfum…

Soph m’aura donné quelques clés pour commencer mes recherches : les sites du CRAC Europe et de la FLAC. Débuta l’initiation au jargon, aux codes du milieu, cette pléthore de vocabulaire technique… Je me souviens encore du sentiment de confusion que je ressentais en lisant la documentation, les premiers mois, de l’impression que je n’y arriverais jamais, et je reconnais que les taurins ont parfaitement raison sur un point : « la culture taurine se mérite ». J’en aurai sacrément bavé pour apprivoiser l’univers dans lequel j’allais situer mon récit.

Cette phase de documentation s’avéra un long travail d’enquête journalistique. Portant de l’attention au réalisme, j’ai lu à la fois Ernest Cœurderoy, Roger Lahana, comme Francis Wolff et Simon Casas, ainsi que des choses bien plus pointues et terre à terre, comme la thèse de doctorat vétérinaire de Marie-Laurence, Doris FERRET : « Bases anatomiques et physiologiques de la sélection et du comportement du taureau de combat ».

Les sites, articles de presse et blogs taurins ne sont pas en reste : ils m’auront permis de mieux cerner les attentes d’un taurin, son regard sur la corrida, choses préférables de creuser lorsque vos personnages principaux en sont…

Je voulais un tour d’horizon le plus complet possible. Il y eut également les à-côtés, comme des corridas télévisées, des vidéos de Fadjen (un taureau sauvé des arènes par Christophe Thomas), des reportages pro ou anti-corridas.

Plus j’avançais dans mes découvertes, et plus cet univers devenait une galerie des horreurs. Afeítado, dépeçage de taureaux encore conscients, dans l’arrière-cour des arènes, écoles taurines où des enfants apprennent à massacrer des veaux, corridas privées, manifs qui tournent mal ; « je n’ai pas été déçu du voyage », comme dirait l’autre…

En découvrant cette vidéo, les paroles de Soph ont fait sens.

Lorsqu’on prend le terrain de l’engagé, le tri des informations s’impose : concernant certaines pratiques, j’ai gardé ce qui est officiellement reconnu par le milieu taurin (administration de drogues aux taureaux, avant l’entrée dans l’arène, colmatage des oreilles des chevaux avec du papier journal mouillé,…), et aussi ce qui est volontiers montré au moyen de vidéos de ces mêmes taurins, comme l’afeítado.
Exit les aiguilles cassées insérées dans les testicules (afin d’empêcher le taureau de s’asseoir).
Exit l’essence de térébenthine badigeonnée sur les onglons, entre lesquels on aura logé des cales en bois (pour lui créer un inconfort suscitant auprès du public une impression d’animal énervé. Mais as-tu déjà marché avec des bouts de bois entre les orteils ? Tu boiterais, non ?).
Exit les sacs de sable de 100 kilos balancés sur le dos des taureaux, à répétition, pour les épuiser avant leur entrée en piste (les employés d’arènes sont-ils bodybuilders dans le civil ? Ont-ils des lombaires en titane et des bras aussi gros que des troncs d’arbre ? En supposant qu’ils soient deux à porter le sac, car il ne peut en être autrement ; 50 kilos, c’est déjà hyper lourd…).
Exit la vaseline tartinée dans les yeux des taureaux (afin de les aveugler et les désorienter).

Exit les sources trop militantes pour êtres honnêtes.

Ces animaux sont vus par les taurins comme des fauves sanguinaires ayant une haine viscérale pour l’Homme. Ce n’est ni raisonnable de les approcher au point qu’on puisse leur planter des aiguilles dans les parties, ni logique de leur engluer les mirettes : le taureau étant quasi-aveugle, il foncerait sur les gens sans les voir, ce qui le rendrait dangereux parce qu’ingérable. Et quand bien même cette mythologie morbide ne serait qu’une vaste fumisterie destinée à justifier le fait de torturer un herbivore, il faudrait tout de même donner le change, histoire que le public ne se sente pas pris pour un jambon, ce qui implique de se tenir le plus loin possible de ces animaux…

La corrida est suffisamment horrible et abjecte en soi. Inutile de verser dans la surenchère pour convaincre des gens que des images non-esthétisées convaincront, de toute manière ; il n’y a qu’à voir les réactions ulcérées des passants, lorsque les assos sont de sortie…

Restons raisonnables.

Écrivons des choses raisonnables.

Belle époque et cirques de monstres

Comme le veut la tradition : un texte sélectionné, un article de présentation de l’histoire. Cette fois, je vais te parler de Ma belle époque, écrit pour le projet d’anthologie « Belle Époque ».

L’intrigue se déroule en 1880, au commencement de cette période. Une ère pleine de promesses : quartier Latin en effervescence, nouvelles découvertes scientifiques, occultisme,… Une époque passionnante, jusqu’à ce qu’on gratte un peu. D’autres choses bien moins reluisantes se révèlent alors, comme… les freaks shows.

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Louis, un adolescent transgenre perçu femme par la société, est mis à la porte par ses géniteurs parce qu’intersexe*. Au bout de longs mois d’errance, à survivre comme il le pouvait, Louis est repéré par un étrange propriétaire de monstres humains, qui propose de l’engager. Louis devient un monstre-chanteur connu sous le sobriquet de « La femme à barbe ». Étant enfin parvenu à trouver le bonheur parce qu’accepté tel qu’il est par sa troupe, il a trouvé sa voie. Mais Louis est aussi en colère contre ses géniteurs. Un jour de juin, il leur écrit pour enfin vider son sac, puis les narguer…

Une histoire de renaissance, à découvrir en novembre prochain.

*Si tu ignores ce qu’est l’intersexuation, voilà une vidéo explicative :

Illustration de couverture : Léa Geas

Contexte particulier, inspiration particulière

« Contexte particulier, inspiration particulière » ?

C’est bien la question que je me pose au sortir de ce confinement. Alors oui, tu me diras que le contexte, personnel ou non, influence toujours, ou presque, les idées qui te viennent. Le confinement n’est qu’un cas de figure parmi d’autres. Tu passes devant une pâtisserie, tu t’arrêtes pour admirer de jolis gâteaux et, dans un laps de temps plus ou moins rapproché, tu pondras un texte sur des gâteaux (tueurs (thème principal), ou que ton personnage adore (point de détail d’un chapitre)).

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(Ou ça peut donner des idées bizarres, aussi…)


Mais là, c’est différent. Contexte particulier, inspiration particulière ; le fond et la forme se modèlent en reflétant ton état d’esprit, tandem indissociable ne se construisant pas autrement ?

Durant cette sale période, comme tout un chacun, on m’aura interdit de voir qui je voulais ; pour boustifaille avec des amis, c’est ceinture. En attendant que ça revienne à la normale, j’aurai expérimenté l’épistolaire, alors que l’épistolaire, je n’en avais jamais écrit auparavant. Cela ne me serait même jamais venu à l’idée, car je n’en lis quasiment pas.

Deux textes seront nés de cette méthode, dont l’un sera bientôt publié. Un troisième germe aura pointé le bout de son nez, une histoire de zombies où il pourrait y avoir une partie narrative, et une autre sous forme de journal. J’ignore encore comment je construirai le machin.

Tout ça me donne l’impression que je devais m’adresser au lecteur de façon plus directe, transformer cette solitude imposée en quelque chose de moins pesant. Pour ce qui est du projet zombie, ce monde a beau en grouiller, mes personnages, eux, peuvent se promener à leur guise, et surtout, voir qui ils veulent (sous réserve que leurs fréquentations soient toujours entières)…

Et toi, Lecteur de ce blog ? Si tu écris, as-tu changé de méthode durant cette période ?

AT Belle Époque : verdict

La nouvelle vient de tomber, je fais donc partie des sélectionnés pour l’anthologie Belle Époque, aux éditions Luciférines.

De quoi ça parle ?

Eh bien…

Expériences à l’éther et absinthe, exhibitions de freaks, fêtes foraines, cabarets, androgynes, voyous de Belleville, émergence d’une classe populaire citadine, affaires criminelles portées en spectacle, débuts de la psychiatrie, fascination pour l’anthropologie mais aussi l’occultisme ; à partir des années 1870, les auteurs se passionnent pour tous les sujets sulfureux. Plongerez-vous avec nous dans cette Histoire décalée de France ?

Illustration de couverture : Léa Geas

Genèse du roman, ou comment se retrouver à écrire sur la corrida

Parfois, certaines idées surgissent d’un coup, concepts clés en main prêts à écrire. C’est ce qui s’est passé en novembre 2012, lorsqu’en à peine dix secondes, j’ai vu toute la vie de mon personnage défiler sous mes yeux ; c’est un peu comme se prendre la lunette de chiottes de la station MIR en pleine poire, alors qu’on traversait gentiment la rue (toute allusion à Dead like me serait parfaitement volontaire).

Rembobinons le film. Retour vers le passé, destination 2012.

Cette nuit-là, en proie à l’ennui, je traînais sur Facebook lorsqu’est apparue une vidéo sur mon mur : « Taureau torturé ». Ni une, ni deux, j’ai cliqué sur le lien en me demandant ce que c’était que ça ; jamais la notion d’« enfer sur Terre » n’aura été aussi vive qu’en cet instant…
J’avais devant les yeux un taureau étendu sur du sable, cadré jusqu’à l’encolure. Il râlait, haletait, comme s’il cherchait de l’air. Soudain, une paire de mollets gainée de collants mauves est entrée dans le champ, est passée derrière lui, puis, une main armée d’un poignard l’a frappé à la nuque. Encore.
Et encore.
Et encore.
Le bovin a redressé le nez, puis hurlé à la mort, les yeux exorbités de douleur et de terreur. En s’ouvrant, sa gueule a déversé un flot de sang, et sa langue a frôlé le sable.  
J’en restais bouche bée. Je refusais d’y croire. On ne peut pas vouloir faire ça à un animal, pas sans avoir un flingue sur la tempe. C’était impossible !
Alors, j’ai compris ce dont il s’agissait vraiment : d’une corrida. J’apprendrai par la suite que dans ces « spectacles », on achève les taureaux de cette manière (ou du moins, on essaye…), en sectionnant le bulbe rachidien afin de provoquer une paralysie générale, et que ça porte un nom : l’apuntillado. J’avais vu une corrida, enfant, j’en avais gardé un souvenir exécrable. Je ne me souvenais pas de ce moment, car pendant qu’ils s’acharnaient sur le taureau, j’avais les yeux braqués sur le matador qui paradait fièrement sous les applaudissements…
Ma stupeur a laissé place à une crise de tremblements ; la rage s’en est mêlée très vite, elle est montée, montée… Lorsqu’elle est devenue ingérable, un personnage m’est apparu, ainsi que toute sa vie, et une subite envie d’écrire m’aura permis de canaliser tout ça.

Bruno García était né.

E que s’apelerio…

ALEGRÍA

Comme le laisse deviner ce gif, Alegría, en espagnol, signifie « joie ». Mais quelle idée m’est donc passée par la tête de nommer un tel livre de la sorte ? Ce roman serait-il pro-corridas ?

Tu n’y es pas du tout. Ouvrons donc un lexique taurin.

Entre autres termes techniques, y figure « alegria », qui signifie : Taureau dont la charge répond à la moindre sollicitation.

Le festif et la mort, à l’image de la corrida ; ce titre en clair-obscur en devient ironique.

AT Belle époque

Et c’est reparti pour un tour !

Me voilà à écrire pour l’appel à textes « Belle époque », des éditions Luciférines.

Je ne suis pas vraiment rétro, d’habitude, mais si c’est pour parler exhibitions de « monstres » et intersexuation, eh bien… ça me va. J’ai toujours trouvé ça malsain au possible : on se faisait du fric sur le dos de personnes mises au rebut par une société ignorante, dont la science se trouvait incapable d’expliquer le handicap et les variations anatomiques. Condamné(e)s à la misère, les concerné(e)s n’avaient souvent pas d’autre choix que de finir dans ces endroits dont l’éthique se situait sous le niveau de la mer…

Sur ce, je pars corriger. Je te laisse avec une jolie petite musique…

On s’active en cuisines – quelques news de Projet Secret

J’en avais parlé il y a quelques mois (eh oui, déjà !) : un roman est en préparation. À ce jour, aucune date de publication n’a encore été fixée, les infos seront donc lâchées au fur et à mesure.

Ce roman, aussi court que cinglant, sera publié dans une maison petite par la taille, grande par le courage. C’est que le sujet est quelque peu… explosif.

Voilà, c’est dit : un jour, je vais te parler corrida. À en juger par mon choix photographique, on déduira que ce ne sera pas joli-joli, sinon, j’aurais montré un taureau pimpant et souriant, dont le flanc ne s’est pas changé en porte-sabre (mais quelle idée ? Il n’est pas des plus pratiques à ranger, surtout si tu vis dans 10m2…)…

En attendant d’en parler plus en détail, je te laisse avec une petite chanson.

Stay tuned !

AT La midinette et l’homme-sandwich

J’ai croisé par hasard l’appel à textes de La grenouille à grande bouche, nommé « La midinette et l’homme-sandwich ». Leur défi m’interpellant (mêler thématique alimentaire et sujet de société), j’ai décidé d’y participer pour me changer les idées entre deux corrections de chapitre.

Nous suivons donc une jeune femme confrontée à la vente forcée de sandwich, mâtinée de harcèlement de rue ; elle inverse alors la situation pour donner une bonne leçon à cet homme.

Un texte de pure littérature blanche, donc.

La nouvelle est entre leurs mains. Affaire à suivre…

En attendant le verdict, allons faire la fête !

En situation de handicap… dans le futur

Éditeur : Arkuiris
Date de parution : 8.11.2019
Illustration : Philippe Caza


Résumé : Cette anthologie de science-fiction comprend 17 nouvelles, 17 univers futuristes dans lesquels héros et héroïnes font valoir leur singularité, tentent d’assumer leur différence dans des sociétés utopiques ou dystopiques.
Elle constitue une façon originale d’aborder les situations de handicap sous l’angle de l’aventure, de l’imaginaire, des émotions que nous font partager ces personnages originaux et devant faire face à des défis du futur souvent surprenants.

Extrait lisible, : https://alexmauri.art.blog/2019/11/08/prete-moi-ton-corps-je-te-preterai-ma-gloire/

Prête-moi ton corps, je te prêterai ma gloire

— … Nous sommes réunis ici ce soir pour remettre le prix Imaginales 2040…
Mon cœur rate un battement, et je sors de ma rêverie. Alors, on y est ? réalisé-je en me redressant sur mon fauteuil roulant. Il va falloir avouer… Ça risque de faire très mal. De me faire très mal. Merci Loran, vraiment ! Je n’aurais jamais cru qu’une victoire pouvait avoir un goût de merde…
Va te faire cuire le cul !
Mon regard glisse de l’estrade baignant dans une lueur dorée, sur laquelle se tient le jury qu’un drone-caméra filme de trois-quarts, pour scruter les premiers rangs du Magic Mirror, ce chapiteau circulaire qui m’évoque plus une arène qu’un café parisien du XXe siècle. Une arène frisquette : les techniciens ont pété un plomb avec la clim’, s’il fait quinze degrés, c’est le maximum. Avec quarante à l’ombre en ce mois de mai, bousillage environnemental oblige, c’est choc thermique à la sortie !
Et toutes ces silhouettes tendues vers la scène comme un seul homme… Non, je ne peux pas affronter ça !
— Ça va, Sœurette ? Tu trembles, me chuchote Magali, ma jumelle.
Mon mentor. Mon double artistique. Et, depuis cette nuit, mon arnaque en bande organisée. Si je n’ai pas encore pris mes jambes à mon cou, c’est grâce à elle.
Je déglutis péniblement. Ma gorge n’est plus qu’un fin conduit, et j’ai l’impression d’avoir un énorme steak à la place de la langue. Quant à mon bide, il me fichait un peu la paix ces jours-ci, mais depuis cette nuit, je déguste, et puissance mille ! Le stress, j’imagine ? J’ai mis une couche, au cas où mes boyaux décideraient de repeindre le Magic Mirror par surprise…
— Non, ça va pas, soufflé-je avant de fondre en larmes.

Illustration de couverture : Caza

De la joie des incompréhensions, ou Chérie, fais-moi peur

Comme annoncé ici pour ceux qui prendraient le train en marche, je publie bientôt mon premier roman. Voici l’épisode suivant, d’une série qui s’annonce plus palpitante et mieux branlée que The Walking Dead (je charrie, j’adore cette série ; c’est juste triste voir un truc aussi énorme gâché à force de tirer sur la corde parce que Roi Pognon, etc…)

Donc, reprenons : je publie bientôt mon premier roman. Pas demain, mais peut-être dans six mois, ou un an, et ça va de pair avec signature de contrat. Qui dit signature de contrat, dit engagements, et c’est là que ça devient drôle. Ou flippant.

Plutôt flippant, ouais.

Je t’explique. Lis bien ce qui va suivre.

Dans mon contrat, il est marqué que je dois rendre le « manuscrit définitif » en décembre, dernier carat. Je l’ai signé cet été, le temps a passé, nous voilà arrivés au 20 octobre, et… aucun retour éditorial, aucune suggestion de modification me permettant de rendre un « manuscrit définitif ».

Que pouic.

Le travail éditorial étant une affaire trop sérieuse pour l’ignorer (c’est ainsi qu’on fait d’un texte bon, ou plutôt bon, un texte encore meilleur, voire excellent), il arrive fatalement ce qui doit arriver : un stress intense, ressemblant à de la quasi-panique, me tombe dessus.

Capture vidéo rare d’Alex dans son milieu naturel, en état de stress intense.

Afin de canaliser ce stress, de le rendre plus vivable, je recontacte alors la maison d’édition. Ça a donné un truc du genre : « Euh, salut, j’ai à fournir bientôt un « manuscrit définitif » et je n’ai toujours pas reçu mes corrections, est-ce normal ? Retravailler mes manuscrits me tient beaucoup à cœur, mon but étant de proposer au lectorat un texte le plus abouti possible, je stresse à mort, l’infarctus n’est pas loin. MAYDAY MAYDAY MAYDAY. »

Pfiouuu, pfiouuu, pfiouuu…

La réponse ne s’est pas faite attendre, tôt le matin parce qu’on a dû se dire qu’il serait bien de me garder en vie jusqu’à parution, et le stress s’en est parti : on entend par « manuscrit définitif » la version que je ne retoucherai plus d’ici à ce que le travail de correction ne commence.

-> Soit la version que j’avais proposée en lecture à la maison d’édition, car j’attends toujours d’arriver au point où je ne peux plus rien faire pour un manuscrit avant de songer à l’envoyer où que ce soit.
-> Cet engagement est donc respecté depuis janvier.

En attendant la prochaine crise d’angoisse, je m’en vais écouter un peu de musique.

Stay tuned !

En attendant les corrections de Projet Secret, ou de la joie des remerciements

Quand on poireaute entre deux échanges de mails, on trépigne, et on s’ennuie, aussi, un peu.

Et qui dit ennui, dit petits bidouillages dans son coin en attendant du concret.

On en arrive alors à esquisser des remerciements, car qui dit premier roman, dit première expérience du genre. Il paraît que c’est la tradition, qu’on s’y prête quand on est quelqu’un de gentil. Et si l’on pouvait penser ça de moi, au moins durant les cinq prochaines minutes, ce serait cool (et l’on évitera de me croiser une heure avant les repas, plus encore de me nourrir après minuit).

Donc… je m’essaye aux remerciements.

Je pensais que ce serait un exercice si formel qu’il en deviendrait rasoir, mais en réalité, on se sent satisfait. Non pas par conscience de son talent, à l’image de l’univers ; infini.
Pas du tout. Enfin, ça dépend pour qui :

En réalité, c’est le signe que cette phase de fignolage s’achève, qu’on va bientôt brandir le bébé braillant, gluant de vernix, à la face du monde, et qui vivra verra.

Vu ainsi, c’est assez grisant.

En route vers de nouvelles aventures – Projet Secret

Après deux ans et demi de quête éditoriale, je viens enfin de signer un contrat pour mon premier roman. Le parcours de ce manuscrit n’aura pas été de tout repos, entre silences, refus encourageants (ce sont les meilleurs), et propositions surprenantes : certains éditeurs m’auront conseillé leurs services de… compte d’auteur, avec pour promesse une reprise du contrat si le roman venait à bien se vendre…

J’aurai trouvé mon bonheur à l’étranger.

Il est encore trop tôt pour en parler plus en détail (et il paraît que ça porte la poisse), cependant, on notera qu’il s’agit d’un conte fantastique moderne. Baptisons-le « projet secret », pour l’instant.

Stay tuned ! En attendant mon premier retour d’editing, je m’en vais écouter de la musique. Et ouvrir une bonne bouteille.

Handicap et récit futuriste

J’en avais brièvement parlé ici , j’ai donc participé à l’appel à textes « en situation de handicap… dans le futur ». Et comme me voilà au sommaire définitif de l’anthologie, le moment est venu d’en parler un peu.

J’ai placé mon récit en 2040 ; courte anticipation, mais anticipation quand même. L’intrigue se déroule dans le splendide cadre des Imaginales, festival littéraire spinalien.

Source image : midgardswriters.com

Nous suivons Marie, connue sous le pseudonyme de Sanguine, et sa jumelle Magali. Magali est valide. Marie est une autrice qui commence à rencontrer le succès, elle est aussi lourdement handicapée. Afin que personne ne sache, Marie passe un deal avec sa sœur : Magali prête son image à Marie en échange de sa gloire. L’affaire roulait, jusqu’à ce que Marie soit démasquée.

Une histoire de sororité, à découvrir en fin d’année.