La croisière la plus longue du monde

Cher journal de bord,

Mon dernier article date de février. Un bail que je ne t’avais pas rouvert ! J’avais mes raisons, le genre d’excuse qu’on préfèrerait ne pas brandir. Eh oui, j’ai perdu deux de mes chats, Furtif et PerrierTchebest, en novembre 2023 et en mars 2024. Carton plein pour l’insuffisance rénale aigüe… Comme j’en ai récemment ressenti le besoin, j’ai fait un marathon relecture de Simetierre, en octobre. J’ai aussi revu et re-revu les adaptations de ce qui devient une saga. Je m’étais interrogé sur le pourquoi de cette fixette. J’en avais conclu que c’est une façon de se rappeler qu’il y a bien pire ailleurs, quand bien même cet ailleurs soit fictif.

Connaissant désormais l’effet d’un deuil, je vois ce roman d’un autre œil.

(Hein ? La mort, ça fait vraiment mal comme ça ?! dixit ton serviteur)


Je ne t’ai pas rouvert non plus parce que ce double deuil m’a lessivé. J’ai dû m’économiser en me recentrant sur le principal, la fonction première d’un écrivain : écrire des livres. Si je ne publie plus, je n’ai plus aucune raison de faire mon teubé à grands coups de gifs. Avoue que ce serait dommage !

Je me suis donc concentré sur « Macadam massacre », un projet de politique-fiction uchronique à absolument boucler cette année. Objectif atteint : j’y ai mis un point final en juillet. Reste à voir s’il séduit mon éditrice.

(YIIIIIIIHAH !)

J’ai aussi recueilli un chaton de 2 mois, aka Terreur, fin août. Une vraie boule d’amour, qui me chahute en prenant mes doigts pour des proies. Place au chaos ! Je suis quelque peu ralenti.

(BANZAÏ !!!! ‘TOUTE FACON, AUTEUR, C’PO UN VRAI METIER, dixit Terreur)

Quant à toi, Public,

J’avais déjà abordé le sujet, ici : https://alexmauri.art.blog/2022/12/28/2023-sera-sous-le-signe-du-tandem/

Et quelques mois plus tard, on peut dire que cette croisière revisitée du Titanic est la plus longue du monde ! Avec mon acolyte, nous avons bouclé la phase des prises de notes, pour nous jeter dans le grand bain de la coécriture. D’un simple thriller uchronique, nous passons à un thriller uchronique historique : Vincent, un voyageur accidentel du futur, donne la réplique à Margaret Brown, passagère ayant réellement existé. Lorsque je lis mon confrère, j’ai l’impression d’entendre la Molly de James Cameron ; version validée par les historiens comme étant la plus proche de ce qu’elle était. J’ai eu le nez fin. Encore une victoire de Canard !

(COIN-COIN ! dixit COIN-COIN)

Notre collaboration avance au rythme de chacun, et la bonne humeur règne en maîtresse.

Collègue auteur qui passes par ici, je ne peux que te souhaiter de trouver des confrères et/ou amis avec qui le courant passe à la perfection. Comme je le disais dans mon article précédent, c’est vraiment précieux.

Sur ce, je retourne bosser. Stay tuned !

2023 sera sous le signe du tandem

Salut à toi, Public !

Certains font des bilans de l’année écoulée. D’autres, comme moi, et une fois n’est pas coutume, font des annonces un peu spéciales (non, je n’ai pas de cancer. Ventile ! Ventile ! Là. C’est bien. Tu veux un Shokobons ?).
Donc, je disais : ce billet de blog est l’occasion d’une annonce un peu spéciale. Particulière dans le sens où je n’ai pas pour habitude d’annoncer un projet qui n’est pas vraiment écrit. Enfin, tu vois, le projet existe sous forme de novella que je n’ai jamais publiée. C’est en la relisant, des mois plus tard, que je me suis dit : « quand même, ça manque de développement, ça fait trop autoroute ». Autant pour Alegría, ça ne gênait pas. Au contraire, il fallait quelque chose de précipité, sinon, le personnage serait secouru avant qu’il soit vraiment dans la mouise.
Mais dans ce cas, pour une histoire se déroulant sur le Titanic, ça ne lui rendait pas hommage. Pas du tout.
C’était mon Titanic de Wish.

Titanic de Wish : on casse une petite moitié qu’on garde, là, comme ça, pour espérer le faire entrer dans le garage.

Alors, je me suis remis au boulot. J’ai vu plus grand. Faire entrer dans la danse des personnages emblématiques, comme Margaret Brown, dite « L’insubmersible Molly Brown ».

Mais, mais, mais… je ne me sentais pas de l’incarner. Il faut dire que mon style est assez brut. Il lui fallait une plume plus douce, mais non moins dure. Une main de fer dans un gant de velours.
C’est là que mon intuition m’a soufflé : Cindy Van Wilder. Intuition qui ne m’a plus lâché au fil des mois, tenace jusqu’à l’obsession. Et quand ça revient sans cesse, je me dis qu’il y a sans doute quelque chose à faire à ce niveau.
Cindy, que je connais depuis une paire d’années car on fréquentait le même forum d’écriture, en 2009 (ce coup de vieux ! Ça pique. Ne fais pas ça chez toi).
Cindy, avec qui on se balance souvent des « réfs » sur le Titanic au point que ça tourne au running gag.
Cindy, qui a lu ladite novella, a été séduit, et accepte de devenir mon co-auteur.
Après avoir pris le temps de la discussion quant aux conditions de publication envisagées par la suite, soit 44 secondes et 10 centièmes (parce que bon feeling, concentre-toi un peu), nous voilà partis en tandem.

(La même chose, en mieux. Voilà, nous sommes sur le même bateau à présent.)

(La même chose, en mieux. Voilà, nous sommes sur le même bateau à présent.)

Pour le moment, nous sommes en phase préparatoire de cette réécriture. Nous bossons Titanic, nous parlons Titanic, nous mangeons Titanic, nous respirons Titanic. Mais pas trop violemment, car qui veut voyager loin ménage sa monture. Et puis, chacun a ses propres projets solos à aboutir… Nos notes s’étoffent au fil du temps. Les idées fusent, très prometteuses ; le projet mue, à la fois ressemblant et différent. L’ambiance de travail est joyeusement sérieuse, ou joyeusement potache. Ça doit dépendre de si on est en heures creuses ou en heures pleines ; j’avoue ne pas avoir vérifié l’hypothèse.

Maintenant, je remballe ma légèreté pour aborder un point sérieux (avoue que mon humour commençait à sérieusement te faire suer et que j’ai mis fin à ton agonie).
Alors, oui, je bosse avec quelqu’un que je connais assez bien pour que ça marche. Et comme tu le ressens dans l’ambiance lolilol de ce billet, je ne m’y trompais pas : ça marche. Et je recommencerais sans hésitation dans ces mêmes conditions. Ça perpétue le « on bosse entre potes » qui fait grincer pas mal de dents, car perçu comme excluant. Et pourtant…
L’écriture d’une œuvre collective avec une majorité d’auteurs m’étant peu connus, voire carrément inconnus, dans une totale interdépendance de plumes, j’ai donné. Plus jamais je ne m’embringue dans ce genre de plan. Le projet s’est cassé la figure par immobilisme total. Je ne connaissais pas assez ces gens ; je ne pouvais pas prévoir la boucherie que ce serait. Et on dit que c’est la norme dans les milieux artistiques ! Pour une collaboration qui roule impec’, combien n’aboutiront jamais pour cette raison ?

On dit que l’important dans la vie est de bien s’entourer. Il m’aura fallu deux ans de burnout pour le comprendre.
Ce roman, de par sa thématique, me tient à cœur. Je ne veux pas le saborder en tendant la main à de potentiels amateurs dont la profondeur n’a d’égale que les 3400 mètres de fond où repose le Titanic.